Christine Mannaz Denarié

 

Bibliothécaire de formation, Christine Mannaz Denarié est profondément engagée pour la valorisation de la lecture publique. Elle est aujourd’hui chargée de projets livre, littératures et langues au sein de la Direction de la Culture du Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis. 

Pourquoi avoir choisi le master Management des Organisations Culturelles ?

Le choix du master est le fruit d’un bilan de compétences que j’ai mené en 2013 avec le CNAM. Bibliothécaire de formation, j’exerçais depuis plus de 15 ans en bibliothèque universitaire et d’Etat. Mon métier avait changé depuis que j’avais commencé ma carrière. J’étais passée d’un poste technique à des fonctions d’encadrement, tout en menant en parallèle une activité intense de composition musicale et d’actions artistiques au sein du collectif L’Emoi sonneur. Le bilan m’a permis de réaliser que je pouvais allier ces deux aspects en choisissant un poste dans la culture. Suite à des entretiens avec des Directeurs et directrices d’affaires culturelles (DAC), j’ai compris que ma formation initiale ne suffisait pas et qu’il me manquait des billes en matière juridique, budgétaire et financière si je voulais me reconvertir. Le choix du master, que j’ai suivi en formation continue en 2016, m’a semblé évident. Il était le mieux noté et le terme “management” – qui m’a induite en erreur car je pensais qu’il s’agissait de management d’équipes ! – m’a séduite, outre la réputation de Dauphine. Je n’ai pas été déçue et ai beaucoup appris. Je pense notamment aux cours du regretté Xavier Dupuis.

Quel a été l’impact de cette formation sur votre parcours professionnel ?

​Vraiment significatif. Il y a eu un avant et un après. Je n’ai pas changé tout de suite d’employeur. Au sein de la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, alors même que je commençais juste ma formation, ma hiérarchie m’a proposé d’évoluer vers des missions de programmatrice culturelle, ce qui constituait une ouverture considérable. Mon objectif étant d’évoluer vers un poste de chargée de projets culturels, j’ai passé des entretiens au cours desquels j’ai constaté que le diplôme était reconnu et apprécié, qu’il m’apportait une forme légitimité vis-à-vis des recruteurs. C’est toujours le cas dans mon poste actuel, qui me permet de mobiliser une large palette d’outils acquis, comme la lecture de bilans comptables et l’analyse financière. Je ne pourrai jamais insister assez sur l’importance du mémoire, qui permet d’acquérir des connaissances plus précises sur un sujet donné et de les confronter au réel de nos métiers. Il permet aussi de se constituer un début de réseau, en sus du réseau que l’on développe entre pairs dauphinois. Mon mémoire portant sur les politiques culturelles et de développement durable d’une collectivité territoriale et c’est assez naturellement que des collectivités ont été intéressées par mon profil.

Pouvez-vous nous parler du poste que vous occupez actuellement ?

​En tant que chargée de projets livre, littératures et langues pour le Département de la Seine-Saint-Denis, je mets en œuvre un pan important des politiques culturelles de cette collectivité, à savoir le soutien aux partenaires du livre. Ceux-ci dont divers – associations, bibliothèques, autrices et auteurs. Ce soutien prend la forme de subventions, d’appels à projets et de portage de dispositifs départementaux comme les résidences Ecrivain·e·s en Seine-Saint-Denis ou Lire au parc, qui associe bibliothèques éphémères et programmation culturelle. Le territoire est très actif avec 40 villes, plus de 75 établissements de lecture publique ou points lecture, le festival Hors Limites, qui est le seul festival de littérature à être mené à l’échelle d’un département, sans compter le fait que de nombreux artistes y résident. Le master m’est utile quotidiennement dans le pilotage de conventions de coopération culturelle avec des villes, des établissements publics de coopération intercommunale et la DRAC Ile-de-France. Une expertise intersectorielle est nécessaire dans ce cadre. A ce titre, les rencontres avec des DAC au moment du master m’ont été très précieuses.

Pourquoi avoir choisi de travailler au sein d’une collectivité territoriale et quelles en sont les particularités ?

​Jusqu’à ma prise de poste en 2019, j’avais exercé seulement en tant que fonctionnaire d’Etat. Je voulais expérimenter le travail en collectivité territoriale qui, en étant plus en prise avec les choix des élu·e·s en matière de politiques publiques, donne une forme d’urgence et de nécessité aux actions menées. J’ai choisi le Département de la Seine-Saint-Denis pour son engagement envers les plus fragiles. Les projets soutenus doivent s’adresser aux publics prioritaires du Département – les personnes âgées, les collégien·ne·s, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap ou précaires – et soutenir des projets culturels exigeants. Rappelons à ce sujet que la culture n’est pas une compétence obligatoire des départements, mais émane d’une volonté politique ! La Seine-Saint-Denis est un département stigmatisé, le deuxième plus pauvre de France alors qu’il possède une histoire et un patrimoine riches et qu’il regorge de talents. C’est aussi le plus jeune de France ! Etre au service d’une collectivité, c’est se mettre au service de ses habitant·e·s.

Pouvez-vous nous confier 3 compétences incontournables pour exercer votre métier ?

​Engagement, enthousiasme, empathie.