Université Paris Dauphine
L'annuaire des Anciens
 
 
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L’association des étudiants et des anciens du Master 5234 "Management des Organisations culturelles" (ex DESS-234) de l’Université Paris Dauphine.

Tancrède Ramonet

Formation initiale, promotion 2001

dimanche 19 octobre 2008


Diplômé en philosophie (DEA à Paris 1 la Sorbonne), Tancrède Ramonet écrit son premier projet de documentaire juste avant d’intégrer Dauphine. En 2002, à la sortie du Dess, Tancrède créé avec son frère Axël et Martin Laurent, une société de production qu’ils nommeront Temps noir. Très vite, le catalogue s’étoffe de documentaires et de fictions qui traduisent un engagement fort en rendant accessibles au grand public des problématiques sociales, culturelles ou historiques. La société produit des réalisateurs confirmés comme de jeunes auteurs et s’intéresse de près aux nouvelles technologies. Bien implantée dans l’audiovisuel français (Arte, France Télévisions, Canal+), elle est aussi soucieuse de la dimension internationale de ses films. Tancrède et son équipe ont obtenu le Prix du meilleur jeune producteur français de télévision 2006.

- En quoi la formation a-t-elle été utile pour toi ? Plus précisément, en quoi dirais-tu que le DESS a été déterminant dans ton parcours professionnel ?
Ce qu’il y a de magique aujourd’hui encore, c’est l’application parfois 4 ans après la fin de la formation de tout ce savoir que l’on a partagé avec toi, des théories, des éléments techniques et des idées que tu vas mobiliser ! Mais le Dess pour moi, c’est aussi des rencontres humaines. Au-delà des enseignants comme Maître Nédélec qui est resté notre avocat, comme Denis Carot qui nous prodigue régulièrement ses conseils éclairés, comme Patrick Olivier qui nous considère avec bienveillance depuis son poste de direction au Ministère de la Culture, j’y ai rencontré un petit groupe d’amis, qui ont eu une influence décisive dans mon activité professionnelle : Martin Laurent, mon associé, est de ma promotion, tout comme Ondine Garcia ou Gauthier Morax avec lesquels nous avons créé une association d’organisation de projets culturels.

- Pourrais-tu en quelques mots résumer ton activité et peux-tu nous dire si aujourd’hui, dans tes nouvelles fonctions, tu sens le bénéfice de cette année de formation ?
Temps noir essaie de fonctionner d’une manière égalitaire. C’est une petite entreprise artisanale de 5 personnes, qui marche bien et dans laquelle nous sommes et nous devons être très soudés, comme peut l’être un groupe de rock ou une équipe de rugby Tout le monde a son mot à dire sur l’organisation, nous prenons en compte la question du confort de travail et de vie autant que les objectifs en terme de rentabilité et d’efficacité. Pour ce qui est de mon activité au sein de Temps noir, elle se définit selon 3 axes. J’exerce mon métier comme un chef d’entreprise et il est clair que sans Dauphine, jamais je n’aurais été capable d’assumer cette fonction. Par ailleurs, je suis évidemment producteur de documentaires, mais je suis également auteur car au sein de Temps noir, nous initions 80% des films que nous produisons. J’écris donc souvent les projets, participe au montage des films et à l’écriture des commentaires, mais je ne réalise pas.

- Qu’est-ce qui t’as poussé à créer ta propre société ? quels obstacles as-tu rencontrés ?
Si nous avons monté Temps noir avec mon frère, qui sortait de La Fémis, et Martin qui était diplômé de Dauphine, c’était surtout pour créer notre propre activité ! On n’avait aucun « employeur » intéressés par nos candidatures. Car, si nous avions au départ une bonne dose d’idées et de sacrés atouts : le label de Dauphine, celui de la Fémis, sans occulter le fait d’être « fils de »… malgré tout cela, quand tu es jeune entrepreneur et dans la culture, personne ne t’encourage !

On s’est donc dit : « Puisque personne ne nous veut, faisons notre boîte ! »

Mais sincèrement, aujourd’hui, ce serait à refaire, je ne suis pas certain que l’on se lancerait à nouveau dans cette aventure. D’autant plus pour moi qui suis devenu gérant un peu par le hasard des choses. On a tiré à la courte paille ! Je le suis resté par nécessité. Mais je n’avais pas mesuré ce que cela représente en terme de responsabilités, légales, financières et humaines, qui dépassent de loin le travail de production pure.

- Ce qui te plaît le plus dans ta fonction actuelle ?
Ce qui me plaît le plus c’est la production, c’est-à-dire initier des projets qui sans nous ne se feraient pas. Montrer ces 7 heures d’entretiens avec Fidel Castro ou encore cette descente dans l’enfer carcéral des bagnes de Guyane, dénoncer la survivance d’une secte nazie au Chili, raconter comment la mondialisation de l’industrie agro-alimentaire présente une réelle menace pour la bio-diversité, tous nos films répondent selon moi à une urgence et à une nécessité : décrire la réalité, proposer des alternatives au discours ambiant, au modèle qu’il défend et qu’il présente comme inéluctable, susciter une prise de conscience citoyenne et défendre une certaine idée de la culture à la fois engagée, exigeante et populaire.

Association des étudiants et des anciens du Master 2 professionnel 5234 "Management des Organisations Culturelles" de l’Université Paris Dauphine.
Contact : association@dauphineculture.fr


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