Université Paris Dauphine
L'annuaire des Anciens
 
 
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L’association des étudiants et des anciens du Master 5234 "Management des Organisations culturelles" (ex DESS-234) de l’Université Paris Dauphine.

Portrait d’ancien : Laëtitia Houvertus

FORMATION INITIALE, PROMOTION 2005

jeudi 1er décembre 2011

Diplômée du Master en formation initiale en 2005, Laetitia Houvertus est actuellement Responsable du Service Développement du Musée National de la Marine. Cette prestigieuse institution, établissement public national à caractère administratif, sous tutelle du ministère de la Défense, est installé dans l’aile Passy du au Palais de Chaillot depuis 1937. Elle retrace 300 ans d’histoires maritimes au travers de plus de 1000 objets : le musée est chargé d’assurer la conservation, la présentation, l’enrichissement de ses collections dans tous les domaines de la marine, notamment ceux de la marine militaire, des marines de commerce, de pêche, de recherche océanographique, ainsi que les sports nautiques et la plaisance. Présent à Paris, sur le littoral atlantique et sur le littoral méditerranéen, le musée national de la Marine forme un réseau de six établissements. Cela lui permet d’entretenir des liens forts avec les cultures maritimes locales à Brest, Port-Louis, Rochefort (2 sites) et Toulon. Le succès de la récente exposition temporaire du « Paquebot France » (plus de 130 000 visiteurs) confirme la place prépondérante de cette institution dans le paysage patrimonial français.

Peux-tu décrire ton parcours avant le Master 2 à Dauphine ? En 1994, j’ai été diplômée du DESS Economie et Gestion des Télécommunications & de l’audiovisuel à Paris-Dauphine. Le stage de fin d’études m’a permis d’intégrer la société Cable & Wireless, opérateur Télécom en Angleterre : ce stage s’est transformé en emploi à temps plein et j’ai évolué sur plus de 10 ans, vers le poste de Responsable Marketing Produits pour l’Europe : outre le plan marketing européen de la société, j’étais responsable des plans de lancements de nouveaux services vers des entreprises multinationales, de la gestion des budgets et des négociations financières, et de représenter les intérêts de C&W Europe dans le groupe. En 2003, le climat économique s’est tendu dans un contexte d’éclatement de la bulle Internet. C’est pourquoi, à la faveur d’un plan social offrant des perspectives de reclassement intéressantes, j’ai quitté la société pour me rapprocher du secteur institutionnel de la Culture. En particulier, je me suis intéressé de très près aux actions menées par la ville de Champigny sur Marne et ses écoles auprès de l’Opéra National de Paris et du Louvre. A la suite de quoi, après enquêtes auprès des organismes offrant une formation dans le domaine du management culturel, j’ai choisi de postuler à Paris-Dauphine en 2004 en Formation Initiale. C’était pour moi un engagement important qui a nécessité une réorganisation de ma vie familiale.

Quel souvenir gardes-tu de cette année de formation à Dauphine ? Quels sont les cours qui t’ont le plus enrichi ?

Je garde le souvenir d’une promotion jeune et très sympathique, avec des aspects pédagogiques et des échanges très intéressants. Les cours de marketing culturel ont évidemment suscité chez moi un très vif intérêt. Par ailleurs Les cours d’économie de la culture, de droit administratif, de mécénat ont été pour moi également très profitables.

Peux-tu dérouler ton parcours professionnel après le Master ?

Parmi les anciens du Master j’ai rencontré, lors des soirées organisées par l’association, Blandine SWYNGEDAUW qui travaille à la Direction du développement et du mécénat au Musée du Louvre et Gilles DUFFAU de la Cinémathèque française. J’ai ainsi eu connaissance d’une offre de stage au Louvre à laquelle j’ai postulé. J’ai effectué un long stage de 9 mois, en 2005 en tant que Chargée de mission développement du public : mes missions ont consisté à faire des études de marché et la promotion de l’offre du musée du Louvre vers le secteur de l’éducation et les comités d’entreprises. Puis, à l’occasion d’un groupe de travail mené par le ministère de la Culture sur la thématique de l’élargissement des publics », j’ai pu nouer des contacts fructueux qui m’ont permis de candidater en 2006 à un poste contractuel en tant que chargée de mission Marketing à la Cité Nationale de l’Histoire et de l’Immigration. CDD qui s’est transformé en CDI en 2007. J’ai eu la chance d’accompagner la naissance de ce beau projet muséal selon plusieurs axes de réflexion et d’action : la politique tarifaire, le développement et promotion de l’offre de location d’espaces, le développement d’une librairie, l’élaboration d’une Délégation de Service Public pour une prestation de restauration dans le musée, le développement de réseaux des acteurs du tourisme et les études des publics. Depuis 2006, j’ai eu l’occasion d’échanger à plusieurs reprises avec mes pairs qui travaillent dans les autres musées et établissements publics. C’est ainsi que Matthieu Sainton, actuel président de Dauphine Culture, et responsable du mécénat au Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris m’a contacté. Il recherchait début 2011 quelqu’un pour le remplacer au Musée National de la Marine. Une vraie belle opportunité qu’on ne peut pas refuser. Face à la problématique de conserver mon CDI à la Cité Nationale de l’Histoire et de l‘Immigration et d’accepter un CDD au Musée National de la Marine, j’ai bénéficié de ce qu’on appelle le « Congé de mobilité », dispositif réservé aux contractuels et qui permet justement de concilier ces deux opportunités professionnelles.

En quoi consiste ta fonction de Responsable du Service Développement au Musée National de la Marine ? Qu’est-ce qui te plaît le plus et quelles sont les contraintes ?

Mes deux axes de travail principaux sont le développement de la fréquentation du Musée en ciblant les publics payants (tourisme, familles et entreprises) et le développement des ressources propres du Musée. Pour mener à bien ces deux objectifs, je dirige une équipe de 5 personnes et nos missions sont transverses au 6 musées de la Marine. Nous travaillons sur la mise en œuvre d’une politique de partenariats avec des médias ciblés, des institutions culturelles ou des réseaux de billetterie (Fnac, Offices de tourisme) ; le développement de la notoriété du musée auprès des publics grâce à un gros travail de communication ; la privatisation des locaux pour des événements ; la vente de produits dérivés et de livres aux librairies-boutiques de Paris et de province. Par ailleurs, en interface avec la Direction générale du musée, je prends personnellement en charge le développement du mécénat. Mon département est très opérationnel, bien structuré et solidaire. Je bénéficie également du soutien de la direction du musée qui m’oriente dans mes missions. Dans un contexte de priorités politiques et diplomatiques du Ministère de la Défense et de restrictions budgétaires, le développement d’un véritable politique commerciale opérationnelle est incontournable mais difficile. Les acteurs économiques du secteur maritimes sont pour notre musée des partenaires très importants.

Quelles sont les perspectives du Musée National de la Marine dans les années à venir ?

Le Musée National de la Marine est connu pour ses expositions temporaires mais l’est beaucoup moins pour ses collections permanentes. Par ailleurs, il n’a pas connu de véritables travaux de rénovation depuis son inauguration en 1937 au palais du Trocadéro. Nous travaillons sur un grand projet de refonte totale du musée avec plusieurs axes de réflexion : l’accessibilité pour être conforme à la Loi Handicap de 2005 qui va rentrer en vigueur en 2015, une muséographie innovante des collections permanentes, le développement de nouveaux outils de médiation multimédia…Le budget relatif à cette rénovation doit être inscrit au contrat d’Objectifs et de Performances de 2012-2015. Sur un plan pratique, le musée sera fermé pendant un an, de mi-2014 à mi-2015.

Quels conseils donnerais-tu aux promotions actuelles et futures du Master ?

Avant de s’engager dans ce cursus demandant beaucoup d’investissement personnel, il faut bien sûr une très forte motivation et j’insiste également sur l’importance de développer et de mobiliser son réseau ; par ailleurs, les défis à relever dans le secteur patrimonial sont selon moi tout aussi passionnants que dans le spectacle vivant, qui semble être le secteur le plus prisé par les étudiants du Master. En tant que professionnelle de la Culture, y’a-t-il une problématique actuelle sur laquelle tu souhaiterais t’exprimer ?

La récente annonce par le gouvernement de la hausse du taux réduit de la TVA de 5.5% à 7% suscite bien évidemment des interrogations : en particulier, je crains que le modèle économique de la filière du Livre soit menacé et je m’interroge sur la pérennité de notre librairie-boutique en Délégation de Service public : les charges qui pèsent sur notre libraire augmentent sans cesse. Je suis également souvent consternée par le peu de reconnaissance des personnels du secteur public de la culture en matière de rémunération et de gestion de carrière. Nos fonctions sont aujourd’hui très semblables à des fonctions de gestionnaires dans la sphère privée pour des niveaux de salaires au moins 2 fois moins élevés. En tant que chef de service, il est très difficile de garder des personnes de qualité sur le moyen terme et de leur proposer un plan d’évolution professionnelle dans un cadre budgétaire aussi restreint.

Association des étudiants et des anciens du Master 2 professionnel 5234 "Management des Organisations Culturelles" de l’Université Paris Dauphine.
Contact : association@dauphineculture.fr


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