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L’association des étudiants et des anciens du Master 5234 "Management des Organisations culturelles" (ex DESS-234) de l’Université Paris Dauphine.

Perrine Brudieu

Formation continue, promotion 2004

jeudi 11 septembre 2008-->


Diplômée en communication et en études théâtrales, Perrine a d’abord été chargée des relations avec le public à la maison de la culture de Grenoble, puis au Théâtre National de Chaillot à Paris, où elle était co-responsable de l’accueil. Parallèlement, elle a aussi été administratrice de la compagnie Hercub’ à Villejuif et a longtemps pratiqué le théâtre amateur, en tant que comédienne. Le DESS, suivi en formation continue, lui a permis de conforter ses choix professionnels. En 2004, diplôme en poche, elle rejoint DCA, la compagnie de Philippe Decouflé, en tant que chargée de production.

- Quelles sont les rencontres qui ont le plus marqué ton parcours professionnel ?
À Grenoble, lorsque j’étais étudiante, je suivais les cours de Geneviève Lefaure. Je crois que c’est elle qui m’a vraiment donné le goût du théâtre. Par la suite, nous avons créé une compagnie semi-professionnelle avec des copains. J’avais 20 ans, je voulais être comédienne ! Avec deux de mes comparses, je suis ensuite revenue à Paris. C’était en 1995. Et puis, il y a eu cette rencontre avec Danièle Ajoret au conservatoire du 7ème arrondissement à Paris. J’ai tenté les concours pour entrer dans une école de théâtre, mais je les ai ratés et je suis entrée à Chaillot pour gagner ma vie.

- Qu’est-ce qui t’a amenée à passer de la pratique théâtrale aux métiers de l’administration ?
Après un DUT en communication et une licence de théâtre, j’ai suivi une maîtrise de théâtre à Censier. J’ai fait mon mémoire sur " l’évolution de la notion de troupe depuis l’expérience de Jean Vilar au TNP ". Dans la compagnie En trompe l’œil où je jouais, nous revendiquions cette idée de troupe : nous vivions beaucoup ensemble, nous jouions à 6 sans rôle prédéterminé et sans metteur en scène ! C’est ensuite mon directeur de mémoire, Daniel Lemahieu, qui m’a conseillé de postuler à l’accueil de Chaillot.

- Donc à défaut d’être sous les feux de la rampe, tu te rapproches toujours plus de la scène …
Oui en quelque sorte… à Chaillot, tout a été assez vite finalement : j’ai été ouvreuse, puis assistante, pendant 1 an, et enfin, chef de salle. Cette activité devenait difficile à concilier avec les cours de théâtre. Et même si parallèlement, je continuais à jouer avec une nouvelle compagnie, j’ai progressivement laissé tomber. Puis, en 1998, à l’occasion d’un mouvement social à Chaillot, nous avons négocié pendant un an de profonds changements à l’accueil. A l’issue de cette longue grève, 15 postes en CDI ont été créés, dont le mien.

- Tu as donc versé dans le syndicalisme ! Est-ce que tu te reconnais dans ce profil de militante ?
Militante plutôt que syndicaliste, car mon engagement à Chaillot a été constant je crois, mais il est resté informel. Il faisait plutôt partie de ma façon de travailler. Ce fut en tout cas une expérience très forte à vivre, car Chaillot était un lieu de confrontation et de rencontre, de solidarité aussi, un carrefour de parcours très différents. C’est d’ailleurs à Chaillot que j’ai rencontré Valérie Kula et Dominique Laulanné de DCA, qui m’ont fait confiance et m’ont permis de rejoindre cette compagnie…

- En quoi la formation a-t-elle été utile pour toi ?
Paradoxalement, le DESS m’a ouvert sur plein d’autres choses extérieures au monde du théâtre, même si pour l’instant je n’en ai rien fait, comme par exemple le cours sur le patrimoine avec Muriel Mauriac. Du coup, pour mon mémoire plutôt que de choisir un sujet d’application, j’ai choisi d’aller vers un domaine que je ne connaissais pas et j’ai travaillé sur " Les nouveaux usages culturels des monuments historiques. " Pour moi l’apport décisif du DESS repose sur la diversité, et en premier lieu celle des étudiants. A cet égard, le fait que ce soit en formation continue change tout ! Cette formation m’a permis de cimenter avec des connaissances concrètes les expériences que j’avais eu auparavant, mais ce que je retiens surtout, c’est la richesse de notre promotion. Cette année m’a permis de m’ouvrir sur d’autres expériences, d’autres milieux professionnels, d’autres pays aussi.

- Plus précisément, en quoi dirais-tu que le DESS a été déterminant dans ton parcours professionnel ?
Le DESS, c’est certain, constitue un gros plus sur le CV ! Mais, plus sérieusement, le Dess m’a aidé à trancher cette hésitation entre l’administration et la profession de comédienne. Pendant longtemps, le fait de travailler à Chaillot m’a justement permis de rester à une distance raisonnable du jeu, du spectacle. Je pouvais alors rester proche du plateau et des coulisses, dans cette ambiance si particulière du début d’un spectacle et de son déroulement… Le DESS m’a permis de choisir une orientation.

- Cela signifie-t-il que tu as abandonné l’idée de gestion un peu bohème autour de l’entité de la troupe ?
Je n’abandonne pas cette idée et le fait de travailler aujourd’hui dans une compagnie me permet d’être impliquée dans un projet artistique déterminé, mais aussi avec une équipe qui développe des relations artistiques et humaines assez fortes. Chez DCA, je mets aussi en application les enseignements du DESS, je rassemble mes expériences précédentes. Mais je ne présume pas de la suite de mon parcours. Je repartirai peut-être sur les routes aux côtés d’une troupe itinérante pourquoi pas, mais en restant cette fois-ci du côté de l’administration. J’aurai désormais un bagage plus solide qui me permettra d’être vraiment efficace, tout en développant une relative utopie artistique, voire sociale. Il me semble que dans ce cadre-là, la gestion doit être encore plus rigoureuse que dans des structures plus classiques.

- Et le réseau idéal pour toi ce serait quoi ?
Le réseau du DESS, en tout cas celui qui s’est constitué autour de ma promotion, c’est un groupe solidaire et diversifié, qui permet d’avoir un bon carnet d’adresses, de s’échanger savoir-faire et bons plans, voire des annonces d’emploi. J’espère que nous aurons la capacité de le faire perdurer et de le développer. Dans la culture, tout est bien une question de réseau. Que ce soient les artistes, les publics, les institutions, et plus largement la société, personne n’existe sans les autres. Est-ce que la constitution d’un réseau peut s’enseigner ? C’est un autre débat.

Association des étudiants et des anciens du Master 2 professionnel 5234 "Management des Organisations Culturelles" de l’Université Paris Dauphine.
Contact : association@dauphineculture.fr


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