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L'annuaire des Anciens
 
 
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L’association des étudiants et des anciens du Master 5234 "Management des Organisations culturelles" (ex DESS-234) de l’Université Paris Dauphine.

Ondine Garcia

FORMATION INITIALE, PROMOTION 2001

lundi 14 novembre 2011

Diplômée du Master en formation initiale en 2001, Ondine Garcia est actuellement Déléguée générale de l’association Grands Formats, qui a pour objectif de favoriser le développement et le rayonnement des grands orchestres de jazz et de musiques à improviser. Fondée en 2003, l’association fédère aujourd’hui une trentaine d’orchestres professionnels, porteurs de projets artistiques identifiés et s’affirme ainsi comme un interlocuteur nécessaire aux débats à venir.

Peux-tu retracer ton parcours avant le Master 2 à Dauphine ? J’ai suivi jeune des cours de flûte traversière au Conservatoire de musique en Région Centre. Cependant, mon désir le plus cher était de travailler aux côtés des artistes et c’est pourquoi je me suis investie pendant mes études de Droit dans des associations culturelles (publication des journaux étudiants, organisations de concerts).

Après ma licence de Droit, il m’est apparu assez évident de suivre une formation dans le domaine culturel. Dans cette perspective j’ai terminé mon Master 1 de Droit à l’étranger avec le Programme Erasmus et j’ai postulé en 2000 pour intégrer le Master 2 : ce choix a donc été pleinement assumé après un long temps de maturation.

Quel souvenir gardes-tu de cette année de formation à Dauphine ? Je garde le souvenir d’une promotion très soudée, avec des gens engagés, ouverts et investis dans la Culture. L’ambiance était très bonne et je conserve de cette époque un noyau de 3-4 personnes qui sont devenus des amis. Nous avons d’ailleurs monté ensemble une association, « 1000 Cultures », ayant pour objet le montage de nos propres projets culturels.

Avec le recul de 10 ans, quelle appréciation portes-tu sur ce cursus ? La formation à Dauphine m’a permis de me sentir plus légitime pour candidater sur des postes dans le secteur culturel et contacter des professionnels. Elle m’a permis également de cadrer des connaissances empiriques acquises au fil du temps et de voir les choses avec plus de recul. Pour moi, la vraie valeur ajoutée du cursus est son caractère pluridisciplinaire et la possibilité de se constituer un réseau : en particulier j’apprécie que les professeurs soient encore disponibles (pour un conseil ou une information) des années après mon passage dans cette formation.

Peux-tu dérouler ton parcours professionnel après le Master ? J’ai intégré les Editions Jobert : cette expérience, associée aux précédentes, m’a permis d’enrichir mes connaissances concernant la chaîne de la filière musicale, depuis l’administration d’un orchestre jusqu’à la production, l’édition proprement dite, la gestion des droits d’auteur ou la distribution.

Parallèlement, j’ai rejoint pendant quelques mois l’équipe administrative des « Arts Florissants », célèbre orchestre de musique baroque. Puis, afin de m’ouvrir aux autres courants musicaux que la musique baroque ou classique, j’ai accepté le poste d’Administratrice au Living (devenu Futurs Composés), réseau national de la création musicale. C’est là que j’ai commencé à intégrer la dimension « politique culturelle » dans mes fonctions.

Enfin, en 2008, j’ai accepté le poste de Déléguée générale de Grands Formats, avec le souhait de me rapprocher des artistes.

En quoi consiste ta fonction de Déléguée générale de Grands Formats ? Qu’est-ce qui te plaît le plus et quelles sont les contraintes ?

En collaboration avec les orchestres fédérés au sein de l’association (une trentaine d’orchestres, plus de 400 musiciens), nous travaillons sur trois axes : une action sur la diffusion, un pôle de ressources et une réflexion sur les différents débats qui animent le monde du spectacle vivant et du jazz.

Nous sommes très attentifs à ce que la parole de l’artiste soit centrale dans notre action et notre réflexion.

J’apprécie également beaucoup l’univers du jazz car c’est un univers musical différents de ceux que je connaissais jusqu’à présent, fondé sur la tradition orale et la résistance.

Mon poste de Déléguée générale de Grands Formats m’a également permis de me questionner par rapport à mon métier qui mobilise des compétences personnelles très variées, proches de celles développées en jazz : flexibilité, grande écoute, bienveillance, exigence, curiosité. J’apprécie beaucoup la proximité avec les compositeurs-chefs d’orchestre et ces qualités humaines que je retrouve chez mes interlocuteurs.

Outre les contraintes budgétaires inhérentes à toute structure culturelle, je m’attriste de la facilité qu’ont les non- artistes travaillant dans le spectacle vivant à s’approprier une part de la création artistique, à penser pour les artistes et à parler à leur place. Or ce sont les artistes qui ont une vision singulière du monde qu’ils souhaitent partager. Nous sommes à leur côté, pour la rendre possible, visible, accessible.

Quels conseils donnerais-tu aux promotions actuelles et futures ? Avant de s’engager dans ce cursus assez lourd à Dauphine, il faut selon moi le faire en conscience et savoir à quoi on s’engage : dans son parcours professionnel, il faudra mobiliser tout son engagement personnel, être flexible et réactif, faire preuve de beaucoup d’imagination pour trouver des solutions et mobiliser son réseau : la dimension humaine, la disponibilité sont très importantes.

En tant que professionnelle de la Culture, y’a-t-il une problématique actuelle sur laquelle tu souhaiterais t’exprimer ?

Selon moi, nous sommes à une charnière, à un tournant dans l’époque actuelle mondialisée. La difficile mise en place du Centre National de la Musique, entre autres, illustre la lame de fond qui bouleverse notre société où la Culture, qui cimente nos sociétés contemporaines, cède le pas au seul divertissement où à la recherche de profit : j’ai l’impression qu’on assiste à l’émergence d’une « culture de la non-culture » ; or comment comprendre ultérieurement et mettre en perspective une société si celle-ci est dépossédée de ce qui fait en partie son humanité, sa richesse complexe ?

Pour clore notre entretien, il me tient très à cœur de rendre un hommage appuyé à deux figures importantes qui m’ont permis de progresser dans mon parcours professionnel en me faisant confiance : Muriel Batier aux Arts Florissants et Jean-Marc Cochereau, directeur du Conservatoire d’Orléans, décédé en début d’année.

Association des étudiants et des anciens du Master 2 professionnel 5234 "Management des Organisations Culturelles" de l’Université Paris Dauphine.
Contact : association@dauphineculture.fr


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