Université Paris Dauphine
L'annuaire des Anciens
 
 
Mot de passe oublié ?

L’association des étudiants et des anciens du Master 5234 "Management des Organisations culturelles" (ex DESS-234) de l’Université Paris Dauphine.

François Desrousseaux

Formation initiale, 1998

mardi 9 juin 2009

François Desrousseaux, diplômé de HEC, d’un DEA de lettres modernes et du DESS en formation initiale en 1998, vient de rejoindre le Festival de Cannes au poste de directeur administratif et financier. Dès le début de sa carrière professionnelle, François choisit de mettre ses compétences en gestion au service du secteur du cinéma. Il explore la production, la distribution, puis il exerce pendant 5 ans dans une institution, le Forum des images, où il occupe le poste de secrétaire général adjoint avant de rejoindre le Festival.

Quelles ont été tes motivations pour postuler au DESS ?

Après HEC, je souhaitais poursuivre des études plus littéraires. Passionné de cinéma, j’avais entrepris de faire un mémoire de DEA sur l’adaptation cinématographique de la Chartreuse de Parme. Le DESS de Dauphine me permettait en quelque sorte de faire le pont entre ces 2 cursus.

En quoi la formation a-t-elle été utile pour toi ? Plus précisément, en quoi dirais-tu que le DESS a été déterminant dans ton parcours professionnel ?

Le DESS m’a avant tout permis de rencontrer des personnalités qui avaient un parcours différent du mien, avec une orientation plus marquée vers l’artistique et vers les sciences humaines. Je m’y suis tout de suite senti très bien, et ai conservé des liens très forts avec certains de mes « camarades de promo ».

Pour moi, qui venais d’une école de commerce, la valeur ajoutée des cours du DESS reposait principalement sur la formation offerte dans le domaine du droit et notamment la propriété intellectuelle. J’ai aussi beaucoup apprécié les études de cas concrets de Denis Carot, qui illustraient l’activité d’un gestionnaire dans tous les types de structures.

Si le DESS n’était pas assez orienté cinéma à mon goût, mon stage effectué chez un producteur indépendant, IMA FILMS, dans la foulée du diplôme, m’a permis de pallier ce manque. Finalement, comme dans beaucoup de domaines j’imagine, le cinéma est un secteur où l’acquisition des compétences se fait principalement par la pratique.

Quelle fonction occupes-tu aujourd’hui ?

Je suis directeur administratif et financier du festival de Cannes, mais depuis trop peu de temps pour pouvoir en parler ! Jusqu’en mars dernier, j’étais secrétaire général adjoint du Forum des Images. C’est à ce jour mon expérience professionnelle la plus longue (5 ans) et la plus enrichissante.

Ce poste m’a permis de découvrir la facette institutionnelle du cinéma, par opposition à celle plus « business » que j’avais connu précédemment chez Bac Films. J’ai d’ailleurs senti, à mon arrivée au Forum des images, que les gens me regardaient un peu de travers parce que je venais du privé. Mais cette ambivalence m’a toujours amusé : je passe alternativement, aux yeux des uns et des autres, pour « l’ultra libéral d’HEC » ou pour « le gaucho cultureux »…

Ce qui te plaisait le plus dans cette fonction ?

Ce poste m’a permis d’avoir des responsabilités plus larges que chez Bac Films (où j’étais contrôleur de gestion), puisque je m’occupais aussi des ressources humaines, et que j’avais une petite équipe à gérer.

Ensuite, je m’entendais très bien avec la secrétaire générale, qui était un excellent manager. Elle travaillait dans le dialogue, me faisait confiance et déléguait beaucoup, tout en m’accompagnant dans ma progression.

Par ailleurs, le Forum des images est une institution très attachante, d’une part avec un vrai projet culturel, et d’autre part avec une équipe et une ambiance de travail que j’appréciais énormément. Même si mes tâches se cantonnaient à la gestion (finances, droit, RH), j’avais le sentiment d’être réellement intégré au projet d’ensemble de l’institution.

Enfin, je suis arrivé au moment des travaux de rénovation du Forum. C’est très excitant d’être associé à un tel projet, et ce, des simples visites de chantier jusqu’aux réunions « stratégiques » sur les valeurs de l’institution.

En fait, à ce jour, les deux périodes phares dans mon parcours sont la toute première expérience et la toute dernière : d’abord, celle de mon stage dans la production, avec l’émerveillement du petit jeune très naïf qui découvre le monde du cinéma ; ensuite, les six derniers mois avant l’ouverture du Forum, où nous vivions l’aboutissement concret de 3 ans de travail et de difficultés.

Quelles étaient les contraintes de ton poste ?

La plus grosse difficulté, pour moi, c’étaient les RH ; l’entreprise est bien souvent un joli champ de bataille des egos, un lieu de confrontation à ses propres limites et à celles des autres, bref un creuset de souffrances diverses ; essayer de maintenir équité, cohésion et efficacité dans tout cela est souvent très délicat… D’ailleurs, il est très rare d’entendre quelqu’un louer la manière dont les Ressources humaines sont gérées dans son entreprise.

Ensuite et plus accessoirement, le secrétaire général adjoint d’une institution de taille moyenne, c’est souvent celui qui récupère les tâches dont personne ne veut, donc pas les plus palpitantes…

Et ton nouveau job, tu passes d’un travail un peu souterrain au soleil de Cannes ?

C’est un peu une synthèse de mes deux expériences précédentes : le festival de Cannes est une institution culturelle, qui fonctionne en partie sur fonds publics et avec une exigence artistique très élevée, mais c’est aussi un lieu de commerce via le Marché du film et tout le business qui se déroule autour du Festival.

Vu de l’extérieur, le Festival de Cannes est une institution à la fois prestigieuse et mystérieuse. Je suis donc très curieux de voir comment « ça marche » de l’intérieur !

Quel conseil donnerais-tu aux promotions actuelles et futures ?

Dans un milieu comme la culture où l’on peut avoir le sentiment que tout repose sur le carnet d’adresses, je pense qu’il est au contraire vital de développer un véritable savoir-faire dans un domaine précis. On en revient toujours là : même dans la culture, il faut avoir une « valeur de marché ».

Association des étudiants et des anciens du Master 2 professionnel 5234 "Management des Organisations Culturelles" de l’Université Paris Dauphine.
Contact : association@dauphineculture.fr


Informatiques et libertés En application de la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification des données nominatives vous concernant. Vous pouvez exercer ce droit en écrivant à l’adresse suivante : Dauphine Culture c/o Maison des associations du 1er arrondissement 5 bis Rue du Louvre 75001 Paris ou par mail : association[@]dauphineculture.fr